507) Ô ! Donneuse de gloire, et toi qui chante et danse, Descendez des coteaux, rejoignez les croyances; Faites de l’Hélicon un théâtre amoureux, Sous l’œil enluminé où se joues tous mes vœux.
Déjà de tous côtés, alertées par Amphion, Les pierres s’assemblaient, taillées par Cithéron, Pour former yeshiva. Telle une âme en son sang, A la double muraille orientée vers Puissant, Se dressaient un à un de l'égaré les guides: Pas celui de l’aigle, mais celui du Samid. Les ouvrages rangés fleurissaient le Chéma, Proclamant l’unité, ô ! délice: Lévavkha ! De même qu’un berger rassemble ses moutons, Quelques notes jouant, modulant que le ton, De même l’assistance assoiffée se regroupe. Le décor est posé. Les acteurs de la troupe Ensemble réunis, alors peut arriver Celui pour qui ce chant fut si bien entonné.
Dans la Beit ha-Sefer, emplit de part les Shin, S’élevait la fumée, ô ! Majesté Divine, De l’encens consacré. La volute éphémère Au cortège annonçait le début de l’Omer. Traversant ce nuage aux trois rangées bénies, Ben Adam apparu; et voyant les graphies Papillonnées ainsi, s’exclama: Kétarim ! Sans même se comprendre; puis, surpris: Vétaguim ! Ces deux mots rencontrés formant six petits traits Construisirent soudain un ensemble de raies, Qui, par leur sainteté, donnèrent vie au Rav. La fumée dissipée, alors le Yod du Vav Se distinguaient sans mal. Près de la Ménorah Le rabbi se tenait, cerclé par Mor’ia. L’enfant arrêta-là sa marche hallucinée, En voyant, face à lui, ce visage animé Par tant d’enluminures. Puis, respectueusement, Il salua le Rav immobile, tel l’amant Face à la bien aimée. La bouche alors s’ouvrit: « Il y a bien longtemps d’Our Kasdim il sortit, Avram, allant vers lui, ‘ Lekh Lekha ’ comme on dit, Recherchant la prairie, sacrifice interdit, Où son âme, à nouveau, pour lui seul devait naître A l’appel de sa chair, repoussant le paraître Enfantin du logis, qui, illusion diffuse, Dans la tour de Babel l’enferma par sa ruse. Devenu Abraham l’univers de son nom Apparut, annoncé dans la constellation De l’homme enorgueilli par sa génération, Ouvrant grand, pour ses fils, sur la terre de Sion, La puissance, en un acte amoureux et divin, Tel qu’il fut délivré pour d’heureux lendemains. Dans ce vaste océan prénommé spirituel, Compagnon d’Adonaï au souffle perpétuel, Bon nombre d’assoiffés ont confondu le trois De la lame hormonale, avec le macaira, Ecoutant non leur âme ouverte à la parole, Mais leur être argileux: bien triste parabole. » A ces mots il se tut pour contempler l’agent, Dont le visage ému paraissait rayonnant. L’homme pieux et l’enfant, en une courte marche Au milieu des Chémas, passèrent sous les arches De la Beit ha-Knesset, suivant-là le chemin Du jardin renaissant empli de doux parfums. « Aujourd’hui, dans Cordoue est descendu l’esprit Des puissant Tsadikim, accompagné d’Elie: Celui qui toujours voit sans jamais être vu. Ainsi, dans notre rêve, à la voie de l’élu Nous nous sommes uni: de l’Islam tous les sages, D’Israël le prophète et des Chrétiens les Mages, Comme il était dicté depuis la création, En ces jours où le Shin, pour ses bénédictions, Offrit une couronne imprimée dans le ciel A l’envoyé divin descendu de Beit-el. Triple enfant du pardon te voilà renaissant, Par l’éclat fraternel, pour guider les amants. Tu étais double enfant dans un couple amoureux, Reçu comme présent pour le bien nommé D.ieu. Car cette dualité consiste en prophétie Imaginative guidant vers le Messie. Des trois communautés couvrant le vaste monde Tu dois examiner les facultés fécondes En Science et Physique, et celle plus ardu Qui pourchasse un canard, et qu’on nomme chevu. Tu devras t’attacher la compagne céleste, Poursuivant ton voyage en ces lieux bien modestes, Pour que marche au devant de tes pas la justice Inébranlable et douce, en guise de délice. » Par cet apprentissage il conclut son récit, Laissant l’humanité chanter là le Messi, Ces six cent trois mille cinq cent cinquante et un Responsables de lui, responsables sans fin. Et bientôt disparait face à laYeshiva, Où le pacte est conclu d’après Rav Akiba !
Ô ! Splendeur HaKodesh, Néshama supérieur, Fait danser devant-nous l’univers, beau rieur, Même si le lecteur ne s’est pas enlacé Au Roua’kh et Néfesh, source * de pureté... ... Pardonne cet élan mon amour Tétragramme, Car ma vue s’est voilée au périple d’Avram. Revenu maintenant sur la terre, affaibli, Il me faut continuer de la main ce récit. " Vers l’ultime témoin Parnassius Apollon Guide le triple enfant, ô ! gentil papillon. "
Compléments de lecture
Hélicon: Mont de la Grèce, aux confins de la Béotie et de la Phocide sur les flancs duquel s’élevait un sanctuaire des Muses.
Amphion: Fils de Jupiter et d’Antiope, époux de Niobé, poet et musiciens qui bâtit les murs de Thèbes. Selon la fable, les pierres venaient se placer d’elles-mêmes au son de sa lyre.
Cithéron: Montagne sur les limites de la Béotie et de l’Attique.
Yéshiva: Maison ou école d’étude talmudique.
Samid: De l’arabe Samad « Eternel », un des nom de D.ieu.
Lévavkha: (Hébreu) Mot du chéma signifiant « de tout ton coeur... »
Beit ha-sefer: (Hébreu) « la maison du Livre » autre nom pour Yéshiva.
l’Omer: Période de 50 jours entre Pessa'h ( sortie d'esclavage d'Egypte ) et Chavouoth ( don de la Torah au Sinaï )
" ... Kétarim ...Vétaguim " : Certaines lettres sont surmontées de petites fioritures appelées couronnes. Plus précisément , sept des vingt-deux lettres de l’alphabet hébraïque sont ornées sur leur partie gauche de trois petits traits appelés Taguim (Tag au singulier) ou ketarim (ketar au singulier), c’est à dire “couronnes” . Ces sept lettres sont : Chin, Ayin, Têt, Noun, Zayin, Guimel, Tsadé…
« ... formant six petits traits... » : Le Tétragramme est formé de six traits.
Ménorah: Chandelier à neuf branches.
Our Kasdim: Ville de Mésopotamie d’où parti Abram, (Lekh Lekha : Vas vers toi ) pour devenir Abraham.
Beit ha-Knesset: (Hébr.) Synonyme de Synagogue
Tsadiquim: Pluriel de Tsadique, « homme Pieux, Sages »
Commentaires